Elles ont partie liée avec le mystère de la solitude et le versant intime et nocturne de nos vies. On y naît, on y aime, on y meurt.
Elles permettent un dialogue immobile avec le jour, mais surtout avec la nuit.
Les chambres sont le point fixe de notre circonférence des vingt quatre heures qui commencent ici à une heure et non à laube monastique. Elles sont le décalque de la ronde dun Dieu tour à tour et à la fois : Don, Accueil, Souffle. Sa lumière « a lieu delle-même » (évangile de Thomas) et se révèle aux seuls curs dépossédés deux-mêmes.
Cest dans la plus ordinaire dentre elles, nous dit encore la Bible, que lange, à Nazareth de Galilée, sest penché vers une humble jeune fille.
Ainsi, ces vingt quatre chambres peuvent favoriser la rencontre du Sans Nom dans nos sociétés si habiles à compter, engranger, sélectionner plantes, animaux et humains dans une symphonie de la consommation qui sélève dune planète devenue sans feu ni lieu pour le Tout Autre.
Bonheur dun moment solitaire dans les chambres où lon monte dune façon imprévue durant le temps de travail, où lon se trouve soudain - sans voisin - à lhôpital, où lon remarque, depuis un hôtel daéroport, le vol silencieux des avions qui décollent !
Ferme les yeux pour abandonner robots, messages sans messagers, infos, bilans : écoute la mer, parle au vent, accepte labsence mais envoie dinguer la souffrance.
Quitte lengrenage des calculs pour le combat avec toi-même, avec les autres, avec lange.
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Le lit nest-il pas le navire dun voyage dont nous prenons chaque nuit la pose ?
Mais cest déjà lagonie que de remâcher la séparation, de goûter lamertume de lamour repoussé, de serrer les mâchoires devant la maladie et, plus encore, de distiller ces goudrons qui viennent du cur.
Pénètre alors dans les chambres de ce petit livre aux fenêtres sans nombre.
Je les ai entrouvertes en moi-même tout à la fois sur labsence de Dieu et son pressentiment. Pour éviter le mode direct, jai recours au verdict dune sorte de tribunal : celui de laube, des morts, des fontaines, ou encore de la mer.
Labord de lÉnigme exige loblique.
Dans ces chambres, laisse béante ta propre fenêtre : langoisse et la joie ne sont-elles pas surs ? Puisque intérieur et extérieur coïncident, je ne tinvite pas, ici, à quelque progression, mais à parcourir une sorte de « journal déchiré » mêlant consentement à la Trinité et pugilat avec ses envoyés.
Ces temps qui sont les derniers nont-ils pas déserté et subverti le divin ?
Il reste alors, quand il fait sombre, les blessures par léclair (proche ou très lointain) pour contenir ou parfois même combler la part en toi que tu persistes à nommer « lobscur ».
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